Le monde des affaires russes, qu’il relève du secteur privé ou de l’Etat est préoccupé par sa mauvaise image internationale qui représente un handicap dans son expansion sur les marchés extérieurs.
Un forum organisé mi-novembre a tenté de faire le point sur ce problème, mais la remise en cause et l’autocritique constructive ne sont pas à l’ordre du jour.
A propos de son statut international, la Russie a donné, au cours des derniers mois, plusieurs exemples de sa volonté de compter parmi les principaux acteurs mondiaux, avec plus ou moins de bonheur, mais toujours en créant un effet de surprise.
L’exemple de Severstal, dont la fusion avec l’européen Arcelor a échoué fait désormais partie des contre-exemples.
«Il aurait fallu mieux étudier le marché, améliorer la campagne de relations publiques, multiplier les signes de transparence» a expliqué Boris Jordan, du groupe Spoutnik, une société d’investissement et de conseil.
Rosneft et son entrée en bourse à Londres, Rusal devenu numéro un mondial de l’aluminium après sa fusion avec Sual et Glencore, Gazprom qui a cherché à acheter la société anglaise de gaz Centrica font partie des derniers exemples de cet esprit de conquête.
Quel regard le monde occidental porte sur cette poussée économique?
C’est l’image qui est apparue aux investisseurs occidentaux interrogés par Tony Thompson le chef du cabinet d’audit KPMG Moscou, alors en visite à Londres.
De 2005 à 2010, la Russie devrait pourtant investir près de 80 milliards de dollars à l’étranger, deuxième derrière la Chine parmi les pays émergents, selon une étude menée par l’agence d’intelligence économique.
Selon Tony Thompson les entreprises russes doivent mettre en avant trois qualités : leur vision, leur esprit de décision et leur capacité à générer du cash.
L’ambition des sociétés russes est souvent lu à travers le prisme d’une stratégie géopolitique du Kremlin.
Il est fréquemment question d’un feu vert du président.
«Mais paradoxalement le soutien de l’Etat aux entreprises russes n’est pas assez fort dans leur volonté d’expatriation» estime de son coté le vice-ministre russe du Développement économique et du Commerce, Andreï Charonov.
Alexandre Livchits, directeur des projets internationaux et spéciaux du numéro un de l’aluminium russe, RusAl, estime pour sa part que l’Occident n’est tout simplement pas « préparé » à l’arrivée de gros acteurs économiques russes.
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