Extraits de Requiem :
janvier 31, 2008
Préface Non, je n’étais pas sous un ciel étranger, Ni protégée par des ailes étrangères. J’étais alors avec mon peuple, Là où mon peuple était, pour son malheur. 1961 Introduction C’était le temps où ne souriait Que le mort heureux de goûter la paix Comme une breloque inutile, Leningrad Pendait aux murs de ses prisons, Et le temps où, fous de douleur, Marchaient déjà des régiments de condamnés, Et les locomotives leur sifflaient Le chant bref des adieux. Les étoiles de la mort se figeaie
REQUIEM d’Anna AKHMATOVA (1889-1966)
janvier 31, 2008
« Dans les années terribles de la léjovchtchina*, j’ai passé dix-sept mois dans les files d’attentes des prisons de Léningrad. Un jour, quelqu’un me « reconnut ». Alors, la femme qui se tenait derrière moi, les lèvres bleues, et qui, bien sûr, n’avait jamais entendu mon nom de sa vie, sortant de l’engourdissement qui nous était commun, me demande à l’oreille (là-bas tout le monde chuchotait) : – Et ça, vous pouvez le décrire ? Et j’ai dit : – Je peux. Alors, quelque chose comme un sourire glissa
Gilbert Dagron : historien d'un empire sans héritiers – Le Monde
janvier 31, 2008
Le Monde - 31 jan 2008
Lorsqu'on rencontre au Collège de France le grand maître des études byzantines, quoi de plus naturel que d'évoquer avec lui l'histoire de cet empire au …
"La Vertu d'égoïsme" : Ayn Rand ou le devoir d'égoïsme – Le Monde
janvier 31, 2008
"La Vertu d'égoïsme" : Ayn Rand ou le devoir d'égoïsmeLe Monde - 31 jan 2008Il rappelle l'ascendant qu'exerçait alors sur un groupe de jeunes intellectuels anticommunistes cette émigrée russe qui, à l'approche de la soixantaine, …
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«Viens, khaliava»
janvier 31, 2008
Maria, étudiante en relations publiques à l’Université linguistique de Moscou, est un peu stressée par son examen d’histoire du lendemain et elle a peur d’oublier un sujet ou de confondre quelques dates.
L’histoire est vraiment une épreuve sérieuse à passer.
La période d’examens est sans doute un moment difficile pour les étudiants.
La session d’hiver dans les universités russes débute traditionnellement fin décembre et dure jusqu’à fin janvier.
Cette période est particulièrement dure et intense car elle tombe pendant les fêtes de Nouvel An et du Noël orthodoxe.
Bien évidemment, la tentation de profiter des fêtes est grande et fait parfois oublier la nécessité de se préparer sérieusement.
D’ailleurs, il est absolument indispensable de bien fêter l’arrivée du Nouvel An : le bon commencement de l’année détermine son cours.
Dans ces conditions défavorables, les étudiants recherchent des moyens pour se rassurer.
Il suffit d’effectuer quelques manipulations mystérieuses pour se prémunir contre le mauvais sort.
D’abord, à minuit, la veille de l’examen, il faut ouvrir la fenêtre et étaler son carnet de notes (zatchetka) en disant à haute voix «viens, khaliava».
Cela fait, vous pouvez aller vous coucher calmement : la khaliava est là, c’est-à-dire que vous êtes sûr de tirer un sujet assez facile (ou même le seul que vous avez eu le temps d’apprendre pendant les jours fériés) et, ce qui est essentiel, d’avoir une bonne note.
Un cinq, de préférence (en Russie l’évaluation à l’université comme à l’école est notée sur cinq).
Néanmoins, il ne faut pas se plaindre d’un quatre ou même d’un trois, puisque la khaliava est susceptible d’oublier ce qu’on lui demande exactement, vu le grand nombre d’étudiants qui cherchent à l’amadouer.
Comme toutes les forces surnaturelles, il arrive que la fortune volatile trompe les espérances.
Pour cette raison, les étudiants les plus appliqués préfèrent compter sur eux-mêmes et bien se préparer.
Il existe plein d’autres superstitions que les étudiants pourraient raconter, telles que mettre une pièce de monnaie sous le talon dans la chaussure gauche, toucher un camarade qui vient d’avoir une bonne note ou croiser les doigts en tirant le sujet.
Histoire du patinage artistique russe
janvier 31, 2008
Le samedi soir, de plus en plus de Russes refusent de sortir et préfèrent passer la soirée tranquilles devant la télé.
Collés devant le petit écran, ils regardent les célébrités du théâtre, du cinéma et de la musique danser sur la glace en compagnie de grandes stars du patinage artistique, vainqueurs des Jeux olympiques et championnats du monde.
Les couples «professionnel et amateur» mènent une lutte acharnée pour produire la meilleure impression sur un jury intransigeant et gagner la compétition télévisée.
Le nouveau show de la Première chaîne Vedettes sur la glace a connu un succès inattendu et a fait renaître auprès des Russes l’intérêt envers le patinage artistique.
Il est aujourd’hui difficile à imaginer qu’il y a encore quelques années, ce sport traînait une existence misérable et était quasiment en voie d’extinction.
Aujourd’hui, la Russie est reconnue dans le monde pour ses victoires sur la glace.
La coupe de Russie, qui a eu lieu à Moscou en novembre dernier est considérée comme une compétition prestigieuse à l’échelle internationale.
C’est un cas très rare pour un sport en Russie et seul le hockey, peut-être, fait lui aussi exception.
L’école russe du patinage artistique, connue pour ses méthodes sévères, a donné au monde une kyrielle de patineurs célèbres.
Saint-Pétersbourg passe depuis longtemps pour la capitale mondiale du patinage artistique : Nikolaï Panine, le premier patineur russe à remporter une médaille d’or aux Jeux olympiques (Londres, 1908) venait de Saint-Pétersbourg.
Le secrétaire général du Parti communiste adorait le patinage artistique et, pour lui faire plaisir, la télévision diffusait sans arrêt des compétitions dans le monde entier.
Dans les années 90, au contraire, on a pratiquement arrêté de diffuser à la télé des compétitions du patinage artistique.
Le manque d’argent a forcé une grande partie des entraîneurs à quitter la Russie pour l’étranger.
A voir les noms de leurs entraîneurs, Tatiana Tarasova, Tamara Moskvina, Alexei Michine, on se persuade de leurs origines russes.
Rentré des Etats-Unis, il a eu l’idée d’organiser un spectacle de ce genre en Russie.
L’intéret des langues étrangères
janvier 31, 2008
Que les stands d’études en communication, d’écoles de mannequins, ou de centres de soins aient été pris d’assaut au forum «éducation et carrière», à Moscou du 16 au 18 novembre, n’a rien de vraiment surprenant.
Mais l’envie farouche d’apprendre une langue est déjà plus saisissante.
Si la maîtrise d’une langue étrangère a longtemps eu un goût exotique ou romantique, elle est aujourd’hui marquée de pragmatisme.
Résultats du développement économique, les grandes compagnies internationales continuent de s’installer dans les grandes villes de Russie.
Elles recrutent et chassent parmi les jeunes qui pourront faire parfaitement le lien avec leur siège à Berlin, Londres ou Paris.
« Si au niveau personnel, la connaissance de l’anglais is a must, elle devient indispensable dans l’embauche de candidats à de bons postes et pour des professions cotées.
Celui qui ne parle pas anglais court le risque d’être refusé tôt ou tard » témoigne Elena Egorova de la société Penny Lane Personnel, interrogée pour l’édition spéciale «annuaire des carrières» de Vedomosti.
Les compagnies soulignent qu’un candidat qui possède l’anglais s’ouvre des opportunités d’activités beaucoup plus larges et plus variées, y compris dans son propre pays.
Coté employeurs, s’ils parviennent à trouver des candidats parlant français et anglais, ils peinent à recruter des germanisants parmi les jeunes.
Posséder une langue rare comme le chinois, le japonais ou le turc, important partenaire commercial de la Russie, s’avère être aussi un atout décisif.
Destination favorite des Russes aisés, Dubaï manque de personnel qui pratiquerait à la fois la langue russe et posséderait un niveau de formation hôtelière de haute qualité.
Durant ces trois jours, les instituts de langue du monde entier avec en majorité les formations en anglais, français et allemand ont accueilli sans discontinuer les étudiants.
« Posséder une langue étrangère, c’est s’ouvrir les portes des nombreuses entreprises européennes ou Américaines qui s’installent à Moscou, explique Anton Ermochine, 20 ans, devant la représentation de l’université de Cambridge.
Donc se donner les chances d’être plus respectés au travail et mieux rémunérés, c’est-à-dire non seulement recevoir un meilleur salaire, mais aussi un versement plus transparent. »
Partir à l’étranger ou s’offrir une formation payante en Russie reste encore inaccessible pour beaucoup d’entre eux.
Le monde des affaires russes
janvier 31, 2008
Le monde des affaires russes, qu’il relève du secteur privé ou de l’Etat est préoccupé par sa mauvaise image internationale qui représente un handicap dans son expansion sur les marchés extérieurs.
Un forum organisé mi-novembre a tenté de faire le point sur ce problème, mais la remise en cause et l’autocritique constructive ne sont pas à l’ordre du jour.
A propos de son statut international, la Russie a donné, au cours des derniers mois, plusieurs exemples de sa volonté de compter parmi les principaux acteurs mondiaux, avec plus ou moins de bonheur, mais toujours en créant un effet de surprise.
L’exemple de Severstal, dont la fusion avec l’européen Arcelor a échoué fait désormais partie des contre-exemples.
«Il aurait fallu mieux étudier le marché, améliorer la campagne de relations publiques, multiplier les signes de transparence» a expliqué Boris Jordan, du groupe Spoutnik, une société d’investissement et de conseil.
Rosneft et son entrée en bourse à Londres, Rusal devenu numéro un mondial de l’aluminium après sa fusion avec Sual et Glencore, Gazprom qui a cherché à acheter la société anglaise de gaz Centrica font partie des derniers exemples de cet esprit de conquête.
Quel regard le monde occidental porte sur cette poussée économique?
C’est l’image qui est apparue aux investisseurs occidentaux interrogés par Tony Thompson le chef du cabinet d’audit KPMG Moscou, alors en visite à Londres.
De 2005 à 2010, la Russie devrait pourtant investir près de 80 milliards de dollars à l’étranger, deuxième derrière la Chine parmi les pays émergents, selon une étude menée par l’agence d’intelligence économique.
Selon Tony Thompson les entreprises russes doivent mettre en avant trois qualités : leur vision, leur esprit de décision et leur capacité à générer du cash.
L’ambition des sociétés russes est souvent lu à travers le prisme d’une stratégie géopolitique du Kremlin.
Il est fréquemment question d’un feu vert du président.
«Mais paradoxalement le soutien de l’Etat aux entreprises russes n’est pas assez fort dans leur volonté d’expatriation» estime de son coté le vice-ministre russe du Développement économique et du Commerce, Andreï Charonov.
Alexandre Livchits, directeur des projets internationaux et spéciaux du numéro un de l’aluminium russe, RusAl, estime pour sa part que l’Occident n’est tout simplement pas « préparé » à l’arrivée de gros acteurs économiques russes.
Les victimes de Staline
janvier 31, 2008
Tous les 30 octobre depuis 1974, la Russie commémore les victimes de la répression politique.
A cette occasion, plusieurs manifestations se déroulent jour-là dans la capitale.
L’ONG russe Mémorial estime que 900 000 victimes des répressions politiques sont toujours en vie dans le pays.
Place Loubianka à Moscou, environ un millier de personnes ont adopté un manifeste demandant à Vladimir Poutine d’ériger un «vrai monument» aux victimes.
Ces personnes âgées souhaitent également que la notion de préjudice moral soit reconnue par la loi et voudraient voir leurs allocations augmentées.
La scène a lieu sous les premiers flocons de la saison, juste devant les murs sinistres de l’ancien KGB.
Près d’un millier de personnes, pour la plupart des retraités, sont venues déposer quelques fleurs auprès d’un modeste monument qui passe largement inaperçu : il s’agit de la pierre Solovetski, du nom de l île Solovki, au nord de la Russie, où le premier goulag soviétique fut ouvert.
Les manifestants, qui ont pour la plupart perdu des proches lors de différentes vagues de répression ou sont eux-mêmes des survivants des camps de travail, demandent davantage de reconnaissance et une augmentation de leurs compensations.
A 82 ans, Ekaterina Maximovna explique que son père a été arrêté en 1938.
Elle ne l’a pas jamais revu et reçoit désormais…
Un bouquet d’oeillets rouges à la main, Lioudmila Mikhaïlovna explique avoir tout perdu dès sa naissance, en 1938.
Deux jours plus tard, ma mère mettait fin à ses jours.
Comme la très grande majorité des manifestants, la vieille dame, les cheveux gris soigneusement rassemblés par un serre-tête, tient Staline pour principal responsable.
J’étais chauffeur, et je me suis débrouillé pour qu’on m’envoie en-dehors de Moscou ce jour-là.
Il aurait fallu que je lui pardonne, à lui?
Après une minute de silence, les manifestants déposent des couronnes de fleurs et des bougies au pied du monument.
Au milieu de lettres et de dessins d’anciens prisonniers politiques trône une photo d’Anna Politkovskaïa.
Irina Kalina, vieille femme distinguée de 77 ans, porte avec précaution, à bout de bras, le portrait de son père en noir et blanc.
Diplomate, consul en Pologne dans la ville de Gdansk, de 1926 a 1933, il est arrêté peu après son retour en URSS.
Avec son arrestation, je suis devenue moi aussi une ennemie du peuple et, à 20 ans, j’ai été arrêtée avec mon fiancé et envoyée dans un camp de travaux forcés, à Karaganda (Kazakhstan).
Selon l’organisation Mémorial, la loi sur la monétisation des avantages sociaux a abaissé un peu plus le niveau de vie des anciens prisonniers toujours en vie.


